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Guinée : Alpha Condé prend acte de la volonté du Gouvernement de s’inscrire dans la dynamique du Référendum pour une nouvelle constitution [2019/6/28]

COMPTE DU CONSEIL DES MINISTRES DU JEUDI, 27 JUIN 2019

Conakry, le 27 Juin 2019 – Sous la présidence de son Excellence Monsieur le Président de la République, le Conseil des Ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi, 27 juin 2019 de 10h à 13h, avec l’ordre du Jour suivant :

I. MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

II. COMPTE RENDU DES SESSIONS ORDINAIRES DU CONSEIL INTERMINISTERIEL TENUES LES MARDIS 21, 28 MAI ET 25 JUIN 2019

III. QUESTIONS DIVERSES

Au titre du premier point de l’ordre du jour

Le Président de la République a pris acte de la volonté librement exprimée par la totalité de membres du Gouvernement de s’inscrire résolument dans la dynamique du Référendum pour une nouvelle constitution reflétant l’aspiration légitime du Peuple de Guinée à se doter d’institutions et de lois plus adaptées à l’évolution de la situation socio-économique

Le Chef de l’Etat a rappelé les dispositions liées à la règlementation des changes faisant obligation à tous les acteurs économiques, en dehors des activités spécifiquement autorisées à cette fin, de procéder au libellé et au paiement des factures de prestations et de fournitures en Francs Guinéens.

Le Président de la République a insisté sur l’importance du programme en cours de réalisation des infrastructures communautaires sur financement de l’ANAFIC, tout en en rappelant les principes essentiels qui en régissent la mise en ½uvre, à savoir :

Le choix des infrastructures à construire doit provenir des besoins préalablement exprimés par les populations à la base et répondre à leurs préoccupations
La préférence doit être accordée aux entreprises et coopératives locales dans l’adjudication des marchés de construction
Des programmes de formation doivent accompagner les entreprises concernées afin de promouvoir l’entreprenariat local
Le Chef de l’Etat a instruit les Membres du Gouvernement de faire un état des lieux des projets déjà lancés dans le cadre de l’ANAFIC afin de procéder à l’identification et à la correction des erreurs constatées et préparer la réalisation de la deuxième grappe de projets prévus

Le Président de la République a invité à la mise en place urgente d’une procédure règlementaire et d’une commission interministérielle destinées à l’indemnisation des personnes impactées par les projets publics,

Le Chef de l’État a invité les départements ministériels concernés à initier l’élaboration d’un projet de Loi relatif à la définition du concept de préférence nationale en matière d’adjudication de marché public aux sociétés de droit guinéen

Au titre du deuxième point de l’ordre du jour,
Monsieur le Premier Ministre a fait le compte rendu des sessions ordinaires du Conseil Interministériel tenues les mardis 21, 28 Mai et 25 juin 2019

Le Conseil a entendu successivement

Les Ministres coordonnateurs régionaux chargés du suivi du Programme des structures régionales pour le démarrage des activités de l’ANAFIC qui ont fait un rapport d’étape de leurs missions respectives et présenté un compte rendu succinct de l’exécution de cette première phase d’implantation et d’inauguration d’ouvrages dans les collectivités locales

Dans cette lancée, Conseil des Ministres s’est réjoui du franc succès de ces missions de terrain dont les résultats s’inscrivent dans la droite ligne de la vision et des ambitions du Président de la République, le Professeur Alpha CONDE, à favoriser l’émergence équilibrée de la Guinée. En cela, il a félicité et encouragé les membres du gouvernement à rester toujours plus près des populations et donné des directives permettant la poursuite de ce programme dont l’impact sur la lutte contre la pauvreté, en particulier dans les collectivités locales, est considérable

Le Ministère de l’Economie et des Finances qui a soumis en seconde lecture des projets de Décrets portant :

Attributions et organisation de la Direction Nationale du Contrôle des Marchés Publics et des Délégations de Service Public ;
Création, attributions, organisation et fonctionnement des organes de passation des Marchés Publics et des Délégations de Service Public au sein des Autorités Contractantes.
Le Ministre a indiqué que dans le cadre de la réforme des marchés publics, la République de Guinée s’est dotée d’un nouveau cadre juridique qui consacre le recadrage institutionnel des fonctions de passation et de contrôle des marchés publics et délégations de service public.

Il s’agit, conformément aux orientations du Programme National de Bonne Gouvernance, de procéder à la révision de la Loi fixant les règles régissant la passation, le contrôle et la régulation des marchés publics et délégations de service public et de ses textes d’application.

Selon le Ministre, cette révision s’est inscrite dans une perspective de rationalisation de la gestion des dépenses publiques et d’amélioration de l’exécution des projets de développement.

Le Ministre soutient que les principales modifications apportées par cette nouvelle loi concernent :

· Le retrait du Contrôle des procédures de passation au niveau de l’Administration et Contrôle des Grands Projets et Marchés Publics (ACGPMP) ;

· L’érection de la Direction Nationale des Marchés Publics (DNMP) en Direction Nationale du Contrôle des Marchés Publics et Délégation de service public (DNCMP/DSP) et ;

· La création des services techniques compétents chargés de la passation des marchés au sein des Autorités Contractantes.

Dans ce contexte, le Ministre soutient l’élaboration des textes d’application, la révision du Code des Marchés Publics, la mise à jour des documents-types et la formation des acteurs de la commande publique ont été confiés à l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) en application des dispositions de l’article 5 de la Loi L/2012/020/CNT du 11 octobre 2012.

Afin de matérialiser cette réforme, le Ministre rappelle que les partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale ont accompagné le Gouvernement guinéen à travers le recrutement d’un consultant individuel pour évaluer et réviser le Code des marchés publics et les textes réglementaires.

En ce qui concerne le nouveau Code des marchés publics, le Ministre signale que la validation du projet est en cours de finalisation.

Au terme des débats, le Conseil a adopté ces deux projets de Décret

Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts qui a présenté une Communication relative au recyclage des déchets d’équipements électriques, électroniques et des pneus usagés.

Dans son introduction le Ministre a indiqué la digitalisation croissante des sociétés et de leurs économies génère de plus en plus de déchets d’équipement électrique et électronique (DEEE).

Il a estimé que l’absence de solution durable en matière d’élimination et de traitement de ces déchets est devenue critique et constitue une menace grandissante pour l’environnement et la santé publique.

En effet, pour le Ministre, une grande partie des onze milliards de tonnes de déchets solides collectés chaque année dans le monde est composés de DEEE et de pneumatiques usagés.

Pour répondre à ce défi mondial, la Société Général de Surveillance (SGS) a créé une nouvelle solution appelée « SGS RENOVO » en partenariat avec la société africaine de recyclage « SAR ».

Le Ministre a soutenu que cette solution innovante répond au défi de la gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques, elle s’appuie sur le principe de « responsabilité élargie des producteurs et de « pollueur payeur » en se basant sur les principales régulations internationales, telle que la convention de Bale. Cette convention régit le contrôle des mouvements transfrontaliers des déchets dangereux et leur élimination.

La République de Guinée, représentée par le Ministère de l’Environnement a signé avec la SGS Société Générale de Surveillance, le 16 juin 2016, un contrat de prestation de service pour la mise en ½uvre du programme SGS Renovo en République de Guinée.



Cette signature faisait suite à la réception de l’offre soumise par SGS, suite aux consultations menées en vue d’identifier et de conclure un contrat avec une entreprise spécialisée dans la gestion des D3E pour accompagner la République de Guinée dans la mise en place d’un tel dispositif de programme intégré et autofinancement de la gestion écologique et rationnelle des déchets de type D3E.

Ainsi, le Ministre a estimé que les investigations menées ont permis d’identifier la SGS SA reconnue mondialement en matière d’inspection, de vérification, de certification ainsi qu’en matière d’encadrement institutionnel, et aussi la société africaine de recyclage (SAR) spécialisée dans la collecte et le recyclage des déchets avec laquelle le Ministère de l’Environnement a signé un protocole d’accord le 27 septembre 2018.

Ainsi, après consultations et à la demande du Ministère de l’Environnement, la SGS Renovo va apporter à la République de Guinée l’assistance nécessaire à la mise en place d’une solution de gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques ainsi que pneumatiques en Guinée, dans le respect des intérêts de l’Etat guinéen en matière de protection de l’Environnement, de création d’emplois et de mobilisation des ressources financières. Bien entendu dans le respect des accords multilatéraux sur l’Environnement auxquels la Guinée est partie notamment la convention de Bale.

Dans ce contexte, le Ministre a soutenu que la solution SGS Renovo comporte trois modules dont les deux premiers seront exécutés pour la Guinée par la SGS et le troisième par la SAR :

A cet égard, le Ministre a rassuré que la mise en place d’un tel programme permettra d’assurer un cadre de vie plus sein et une meilleure protection de l’environnement, et également de gérer des milliers d’emploi.

En raison de l’importance de la mise en place de SGS Renovo et la nécessité de son intégration au guichet unique, le Ministre a sollicité du Conseil d’apposer leurs accords pour le déclenchement de cette opération.

Au cours des débats, le Conseil a salué et soutenu cette approche de gestion des déchets d’équipement électriques et électroniques ainsi que pneumatiques en Guinée. Toutefois, le Conseil a instruit le Ministre de travailler avec le Ministre du Budget pour insérer cette nouvelle catégorie de taxe appelée Ecotaxe dans la loi rectificative des finances 2019.

Le Ministère de l’Energie qui a présenté au Conseil une Communication relative à la Convention de Concession et du Contrat d’Achat d’Energie du projet d’aménagement du barrage hydroélectrique d’AMARIA, signés entre le Gouvernement de la République de Guinée et la Société TBEA GROUP de Chine.

En introduction, le Ministre a indiqué que sa communication a pour objet, la présentation de la Convention de Concession du projet d’Aménagement Hydroélectrique d’Amaria, signé le 30 Avril 2019 sous la Haute Autorité de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, entre le Gouvernement Guinéen et la société chinoise TBEA, pour son approbation par le Conseil en vue de sa transmission à l’Assemblée Nationale pour Ratification ; conformément aux dispositions de l’article 9.2 de la Loi L/97/012/AN ( Loi BOT).

Selon le Ministre, la signature de ces documents contractuels est l’aboutissement d’un processus démarré depuis le 30 avril 2017 avec la signature du Protocole d’accord portant sur la réalisation de l’aménagement hydroélectrique d’AMARIA sur le fleuve Konkouré et les lignes de transport afférentes en ‘’BOT’’ entre le Ministère de l’Énergie et de l’Hydraulique et la société TBEA CO.

Et, le 30 décembre 2017, la République de Guinée, représentée par les Ministres du Budget, et celui des Mines et de la Géologie ont signé avec TBEA Group Co, LTD, une Convention de base, portant sur la réalisation d’un projet intégré comprenant :

Une mine de bauxite,
Une raffinerie d’alumine,
Une route, un chemin de fer,
Un port en eau profonde,
Des centrales hydroélectriques, dont notamment, l’aménagement hydroélectrique d’AMARIA.
Le Ministre a précisé qu’en exécution du protocole d’accord et de la Convention de Base, la société TBEA a élaboré et présenté l’étude de faisabilité du projet d’Amaria, lors de l’atelier de restitution tenu à l’hôtel Riviera de Conakry.

Cette étude a été validée par la partie guinéenne après la prise en compte dans le rapport final de toutes les recommandations et suggestions et le lancement des travaux a été effectué le 19 Janvier 2018, par Son Monsieur le Président de la République

Pour le Ministre, le projet sera une opportunité pour l’État d’anticiper sur les investissements qui portent sur le réseau de transport du système électrique du grand Conakry, afin d’assurer la sécurité et la flexibilité dans l’exploitation, conformément aux recommandations du Plan Directeur.

Cette communication a fait l’objet de beaucoup d’attention de la part des membres du Conseil, lesquels ont formulé quelques réserves pertinentes quant à la nature de cette convention sur le projet d’aménagement hydroélectrique d’AMARIA.

Etant donné que cette convention de concession construction du barrage d’AMARIA fait partie du projet intégré (mines, chemin de fer, port en eau profonde, aménagement hydroélectrique, postes et réseaux de transport d’énergie), le Ministre des Mines et de la Géologie et celui de l’Energie sont instruits d’assurer le suivi du dossier en ce qui concerne la question des risques financiers à prendre par l’Etat.

Le Ministère du Budget qui a soumis au Conseil une Communication relatives :au Cadrage Budgétaire 2019 révisé ;

Le Ministre a indiqué que sa communication a pour objet de partager avec le Conseil le cadrage budgétaire 2019 révisé tel qu’il résulte des modifications apportées aux prévisions initiales relatives aux recettes, aux dépenses et au financement, sur lesquels les autorités budgétaires et monétaires se sont accordées avec les services du Fonds Monétaire International dans le cadre du suivi du programme économique du gouvernement soutenu par la Facilité Elargie de Crédit (FEC) sur la période 2017-2020.

Selon lui, les hypothèses macroéconomiques sont restées inchangées en 2019 : taux de croissance de 5,9% ; taux d’inflation en fin de période à 8,9%. Cependant, le taux de pression fiscale se situe à 14,5% contre15, 4% dans la loi de Finances initiale et le solde budgétaire de base est projeté à 0,6% du PIB, comparé à 0,9% initialement prévu.

Dans ce contexte, le Ministre a soutenu que la révision du cadrage budgétaire tient compte essentiellement des éléments ci-après :

L’appui budgétaire de la Banque Mondiale, initialement attendu pour 40 millions de dollars US passe à 100 000 millions de dollars US dans le projet de loi de finances révisé 2019 ;
L’appui budgétaire sous forme d’emprunts non affectés, initialement non prévu, a été mobilisé auprès du Qatar pour un montant de 60 millions de dollars US ;
Le produit de la vente de la licence d’exploitation 4G à la société Orange Guinée permettra d’encaisser en 2019 un montant non initialement prévu de 90 millions de dollars US ;
L’augmentation des subventions à EDG de 880 Mds à 2 157 Mds ;
L’organisation des élections législatives prévues courant 2019 ;
Sous réserve de lui conférer un caractère itératif en fonction de l’évolution des réalités socio-économiques du pays, le Conseil a approuvé le document de cadrage budgétaire 2019 révisé.

Au titre des questions diverses,

Monsieur le Premier Ministre, a exprimé ses vifs remerciements à l’endroit de Monsieur le Président de la République, des membres du gouvernement et de tous, pour l’immense capital de sympathie et de solidarité manifesté à l’occasion de la perte cruelle de sa maman.

Devant tout le Conseil, le Premier Ministre a réaffirmé sa totale reconnaissance et son entière loyauté à l’endroit du Président de la République, le Professeur Alpha CONDE, tout en prenant l’engagement de constituer autour de celui-ci, le dernier rempart contre tous ses adversaires.

Le Conseil des Ministres

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

 
Lucien Bendou Guilao, Ministre des Guinéens de l’Étranger: : « Il est dans l’intérêt de tout le monde d’aller aux élections même si elles ne sont pas parfaites… »
[2010/5/8]


« Il est dans l’intérêt de tout le monde d’aller aux élections même si elles ne sont pas parfaites… »

Au début du mois d’avril 2010 dernier, le Général Sékouba Konaté a effectué un voyage d’État dans l’Hexagone.

Il avait dans sa délégation M. Lucien Bendou Guilao, ministre des Guinéens de l’Étranger qui a bien voulu nous accorder une interview. Un mois plus tard, les questions qu’il traite dans cette interview sont d’actualité et ne sont toujours pas résolues. Le cabinet de son ministère qui doit se mettre en branle pour réussir sa mission n’est toujours pas constitué alors que dans deux mois, logiquement, une nouvelle équipe gouvernementale doit prendre la relève à la suite des élections présidentielles prévues pour juin 2010. Suivez plus tôt cette interview qui, malgré le temps, n’a aucunement été altérée…


Kibarou.com : C’est qui M. Guilao, le ministre chargé de Guinéens de la diaspora ?

Lucien Bendou Guilao : Je suis M. Lucien Bendou Guilao, j’ai quarante-huit ans, titulaire d’une maîtrise en sciences économiques. J’ai passé dix-sept ans chez Total d’où je me suis retrouvé au gouvernement. J’ai aussi eu une carrière de footballeur pour avoir été l’un des tout premiers professionnels Guinéens à évoluer dans un club étranger. Je suis un ancien international Guinéen avec au compteur une quarantaine de sélections. Marié et père de deux enfants.

Vous évoluiez dans le privé, aujourd’hui homme politique. Ça n’a été si compliqué de changer de costume ?

Vous savez, les choses arrivent sans que l’on ait une certaine emprise sur elles. Comme j’ai eu à le dire dans le passé, j’en avais marre de réagir à des niveaux de moindres importances. Je veux parler de salles de réunions, dans les restaurants ou dans les salons privés sur différentes questions sociales, économiques et politiques qui impliquaient la nation Guinéenne ou tout simplement la Guinée. Je me suis dit qu’il fallait s’engager, franchir le pas pour mieux se faire entendre. L’engagement politique était le mieux indiqué pour faire entendre sa voix. Cela ne pouvait se faire que par l’adhésion à un parti politique ou par la création d’une formation politique. J’ai opté plutôt pour la création d’un parti politique. C’est le Parti National pour le Renouveau – PNR. Je crois qu’on ne va pas nous étendre sur mon parti parce que, en ma qualité de ministre de la République d’un gouvernement de transition, il nous est imposé du recul et de la retenue.

Dans le privé, vous vous êtes déjà fait un nom, vous venez en politique avec certainement des visées autres non?

Je suis venu en politique pour ne pas être pris en otage. Comme je vous l’ai dit, pendant plus de cinquante ans (50 ans), l’élite guinéenne avaient fait main basse sur l’appareil de l’État en faisant comme bon leur semble, de telle sorte que, plus d’un demi siècle plus tard, nous sommes aujourd’hui une génération sacrifiée à quarante huit ans. Ce qui pendait au nez, c’est que nos enfants le soient aussi. Moi je me suis retrouvé un à moment donné avec un fils qui est Guinéen de l’Étranger et qui va avoir bientôt ses vingt-quatre ans avec un cursus de licencié en économie et qui se retrouve aujourd’hui confronter à un problème d’emploi. Il vit en France, il n’a pas d’emploi et en Guinée non plus il ne peut en trouver. Son retour se retrouve ainsi compromis en Guinée parce qu’il y a des gens, une certaine catégorie de politiciens qui a géré le pays et qui s’est trouvé dans l’incapacité de donner de l’emploi aux jeunes diplômés. Cet état de fait m’a permis de me réveiller. De manière égoïste, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose, ne serait-ce que pour mon propre fils. Du coup, tu te dis, au-delà de ton fils, toute sa catégorie d’âge pourrait être sacrifiée si on n’essaie pas de faire quelque chose. Et pour faire bouger les choses, il faut nécessairement, selon mon entendement, faire de la politique, sous toutes ses formes.

Pour M. Guilao, que signifie être ministre des Guinéens de l’Étranger ?

Être ministre des Guinéens de l’Étranger c’est une lourde responsabilité. C’est un ministère assez transversal qui a beaucoup des responsabilités. Être l’interlocuteur de deux ou trois millions, selon les statistiques, de Guinéens vivant à l’étranger, c’est comme un ministère de l’Administration du territoire mais de l’étranger. Je mesure l’ampleur de la tache et je suis fier des défis qui vont avec. Le temps est court mais, il importe peu et faire avec. Pour moi, c’est l’occasion une fois pour toute de mettre en place des structures, de poser des actes qui vont pérenniser ce ministère. Il faut que ce ministère arrête d’être et de ne pas être. Cela passe par des actes concrets. Cela passe à la fois par la participation des Guinéens de l’étranger et du gouvernement. Je crois qu’il est temps qu’on réponde à deux questions fondamentales, c'est-à-dire : Qu’est-ce que nous attendons de la diaspora guinéenne, nous en tant que gouvernement ? Et qu’est-ce que la diaspora attend-elle du gouvernement de la République ? C’es deux questions doivent se poser dans le cadre d’un dialogue qu’on peut appeler « forum » par exemple. A la suite de ce forum, des recommandations vont être faites, des stratégies mises en place afin que ce ministère puisse jouer le rôle qui est le sien. Parce qu’il ne faut pas oublier, nous avons besoin de la diaspora guinéenne qui se sent brimée. Elle a envi de faire comme toutes les autres diasporas. Elle est un peu jalouse de la diaspora malienne, sénégalaise ou Cap-Verdienne qui fait beaucoup pour leur pays. Même la diaspora marocaine pour ce qu’elle fait pour le Maroc. Elle a envi d’être comme ces diasporas de ces autres pays. Elle a une opportunité à saisir. Côté gouvernement, la volonté politique est affichée. Le premier ministre en créant ce poste a fait savoir tout l’intérêt qu’il a pour les compatriotes de l’extérieur. Le Président de la République en validant le décret a lui aussi montré tout l’intérêt qu’il accorde à cette diaspora. Le chef de l’État, chaque fois qu’il s’entretient avec les Guinéens de l’étranger, fait savoir tout l’intérêt qu’il accorde à ses concitoyens. Il appartient à la diaspora de nous aider à les aider. J’ai l’impression que la diaspora guinéenne en Afrique voit les choses d’une toute autre manière que celle présente en Europe, notamment en France où ma première impression n’a pas été bonne. J’ai vu une diaspora assez divisée en France. Des associations de Guinéens assez divisées. Elles ne sont pas assez solidaires. C’est ma première impression, elle est toujours la bonne mais, je peux me tromper. J’ai eu à faire à deux interlocuteurs se disant représentatifs de la diaspora ici qui m’ont un peu déçu. Ils se tiraient des boulets de canon les uns sur les autres. Cela dénote d’une certaine ‘’animosité’’. Le mot est vraiment trop faible pour vous le dire, c’est réellement antagoniste. L’impression que j’aie par contre vis-à-vis des compatriotes des États-Unis est beaucoup plus positive. Ils m’avaient fait participer à une émission en directe étant en Guinée. Les questions qu’ils m’ont posées prouvent suffisamment qu’ils ont envi de participer au devenir de la Guinée. Il n’y pas eu de discordes majeurs entre elles. Ça m’a plutôt donné envi d’aller à leur rencontre, ça m’a donné l’envi de sauter l’étape de Paris pour aller les voir aux USA.

Je reviens sur ce que je disais tout à l’heure. Il faut que chacun fasse des efforts, vous Guinéens de l’étranger et moi en tant que ministère des Guinéens de l’Étranger afin d’assurer la pérennité de ce ministère. Mettre nos divergences de côté, ce qui implique que nous ne sommes pas forcés d’avoir les mêmes idées, d’être du même parti politique ou même d’un même village pour que ce ministère continue d’exister en tant que ministère clé du gouvernement.


Avez-vous été en contact avec les vraies associations représentant la communauté guinéenne de France ? Les individus que vous avez rencontré ne défendaient ils pas leurs propres intérêts?

J’avais pris contact, j’ai posé des questions pour savoir qui pouvait être l’interlocuteur qui devait prendre contact avec les présidents des différentes d'associations, afin de leur expliquer mon plan d’actions, ce que j’entends mener pour acquérir leur adhésion. Ensuite, il y a quelqu’un d’autre qui est venu se faire passer pour le plus représentatif et le plus légitime des Guinéens de France. Celui-ci m’a proposé une salle, je lui ai dit de voir avec les autres ‘’représentants’’ pour trouver ensemble. Il leur a été impossible de s’accorder sur un minimum de consensus. C’est ce qui laisse dire que j’ai le sentiment que les gens ici ne s’entendent pas.

J’ai eu un contact avec M. Bakary Diakité, coordinateur des Forces Vives Section France, qui est de loin, le contact le plus positif. Il va contacter les responsables avec qui j’aurais prochainement des séances de travail, qui feront par la suite des restitutions à leurs associations, afin de savoir qu’est-ce qu’on pourrait faire ensemble.

A Dakar, j’ai travaillé avec le collectif des cadres Guinéens du Sénégal durant deux heures. La rencontre a été fructueuse. Au Mali, j’ai travaillé avec un représentant des Guinéens, je dois m’y rendre une fois de plus. En Lybie, j’ai travaillé avec les jeunes représentants Guinéens, ça c’est très bien passer. Ce n’est qu’en France où j’ai eu plusieurs représentants à la fois qui ne souhaitaient être représentés que par eux-mêmes. C’est ce qui fait qu'il a été plus difficile de travailler à Paris qu’ailleurs. Aux USA, je suis en contact avec un porte-parole assez valable qui peut restituer tous les désirs de travailler avec eux. Il faut analyser les choses différemment ici en France.

La constitution des membres de votre cabinet a pris du retard. Qu’elles sont les véritables raisons de ce retard ?

J’arrive du privé, il est difficile de s’accorder. Le cabinet est prêt, il est sur la table du premier ministre. Je crois qu’il devrait être publié à mon retour. Je tiens d’ores et déjà à préciser que j’ai choisi un cadre organique léger pour avancer. Il appartiendra au prochain ministre de peaufiner ou de rajouter certaines choses sur le cadre organique. Pour l’instant, connaissant les problèmes de la diaspora, j’ai mis des directions nationales, notamment celles de la promotion de l’habitat du Guinéen, de l’étranger ; Une direction nationale chargée de l’appui de l’investissement des Guinéens de l’étranger ; Une direction des affaires sociales, consulaires et d’identité des Guinéens de l’étranger qui s’occupera de la protection sociale des Guinéens de l’étranger, de tous leurs problèmes consulaires et j’en passe… ; Une direction des statistiques et des prospectives qui vous le savez, les statistiques ne sont pas fiables, cette direction va poursuivre le recensement des Guinéens pas pour des fins électorales mais pour des fins de gestion des ressources humaines, des compétences avec une base de données en place. Comme tous les autres ministères, il y aura un chef de cabinet; Un secrétaire général ainsi de suite. Pour l’équilibre géographique, ce ministère sera la preuve, il regroupera toutes les composantes de la nation guinéenne.

Quelle sera la place des Guinéens de l’Étranger dans ce cabinet ?

Il y a votre place à la division communication, à la gestion de tout ce qui est communication; animation de site web et autres outils des nouvelles technologies de la communication et de l’information. Au niveau des conseillers, il y aura des Guinéens de l’extérieur. A la direction générale de l’habitat, j’ai proposé un Guinéen de l’extérieur qui a vécu à Marseille et qui est rentré au pays l’année dernière. La cheffe de cabinet du ministère est une femme que j’ai proposée. Elle a passé tout son temps au Canada mais qui est d’une autre formation politique. C’est un scoop que je vous donne bien que la décision ne soit pas encore entérinée par le premier ministre. J’ai essayé de lancer un bon signal à tous afin de taire les divergences et qu’on utilise les cadres, quelle que soit leur appartenance politique ou religieuse.

Peut-on envisager vous voir revenir à Paris dans seul but de travailler cette fois avec les guinéens de France dans leur majorités?


J’avais matériellement le temps de travailler avec les gens ici mais, les divergences entre les associations guinéennes ici en France m’ont refroidi. Maintenant, il faudrait que je réfléchisse d’une autre façon pour pouvoir contacter des présidents d’associations assez représentatives de la diaspora guinéenne de France pour travailler avec eux. Je veux des personnes qui peuvent influer sur les décideurs pour pouvoir valider un plan d’actions qui les concerne. Donc, je vais devoir revenir dans le cadre d’une mission que je vais conduire pour travailler avec les associations. Le problème des Guinéens de France va être pris différemment pour essayer de ménager les susceptibilités. Il y a beaucoup de susceptibilités, je ne vous apprends rien. Je vais devoir compter sur vous les journalistes et d’autres personnes que j’ai ciblées.

Le vote des Guinéens de l’étranger a suscité beaucoup de réactions, vous vous êtes longuement exprimé là-dessus…

L’objectif est atteint. La seule inquiétude c’est le temps. Nous étions au quai d’Orsay, nous l’avions évoqué. Ils m’ont compris, j’ai défendu la situation des Guinéens de l’étranger. Jusqu’aujourd’hui, le recensement se poursuit, il y a des imperfections mais, il faut choisir entre faire quelque chose aujourd’hui qui ne soit pas parfait mais aller quand même aux élections ou essayer d’avoir la perfection et aller aux élections plus tard. Un peu plus tard ça veut dire encore deux ou trois mois plus tard. Il est dans l’intérêt de tout le monde d’aller aux élections même si elles ne sont pas parfaites mais, y aller quand même. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y aura que 10% des Guinéens de l’étranger qui soit recensé et qui aura la possibilité de voter. Moi, je me fixe comme objectif 70% ou 75% de Guinéens de l’étranger qui puissent voter. Le cas échéant, le président élu ne sera pas légitime à mon avis parce qu’il y a 2 ou 3 de Guinéens qui ne se reconnaissent pas dans le prochain président de la République. Il y a des questions qui existent et qui méritent des réponses.

Des gens confondent les attributs de votre ministère avec celui des Affaires Étrangères, c’est quoi la ligne de démarcation ?

Tout ce qui est affairez consulaire, le ministère des guinéens de l’étranger doit être en rapport étroit avec les différents consulats. Après cela, son champ compétences est tout autre. Mon ministère s’occupe de l’identification, de la localisation, du rapatriement, des problèmes sociaux de réinsertion des Guinéens de l’étranger. Tout ce qui est de la politique étrangère du pays, je ne dis pas que cela nous importe peu mais, il appartient aux ministères des Affaires Étrangères de les gérer.

Vous étiez un ancien footballeur, je vous voyais au ministère des Sports…

Moi je me voyais un peu partout. C’est sans prétentions. J’ai une maîtrise en sciences économiques, je me voyais ministre du commerce, je me suis vu ministre de la Jeunesse et des Sports, comme également ministre de la Communication, etc. A ‘’Total’’, j’ai dirigé le département ‘’Communication et formation’’. Je me suis au vu dans le costume de ministre de l’Enseignement technique parce que je suis formateur dans l’âme. Je me voyais à tous ces postes. Je dois reconnaître qu’au point où nous en sommes dans le sport, je trouve qu’il est difficile de réussir grand-chose au ministère de la Jeunesse et des sports en 2 ou 3 mois. Le ministre ne pourra même pas jeter les bases tellement que le mal est si profond dans notre sport. Mais, de tous ces ministères, j’aime bien celui des Guinéens de l’Étranger qui, du point de vue contact humain m’enrichit et colle parfaitement à ma personne et à ma façon de vivre, à ma façon de voir les choses. C’est un ministère transversal comme je l’ai dit au début de l’interview parce qu’il y a du sport là-dedans, de l’habitat, etc.

Nous sommes au terme de cet entretien. Je vous remercie pour le temps que vous m’avez accordé. Vous avez quelque chose à rajouter qui vous tient à cœur ?

Seulement je tiens vous remercier pour le travail que vous faites pour donner l’information juste à nos compatriotes de l’Étranger et de l’intérieur. Je tien surtout à réaffirmer mon envi de voir les Guinéens de la diaspora profiter de cette opportunité qui nous est offerte pour participer au développement socioéconomique de notre pays. La volonté politique est clairement affichée avec la mise en place de ce ministère. Dans le gouvernement, il y a 5 ou 6 ministres qui sont issus de cette communauté de la diaspora. Mais, tout ceci ne pourra se faire que dans l’entente et la cohésion entre Guinéens à travers le monde. Je vous remercie une fois de plus pour cette opportunité que vous m’avez offerte…

Interview réalisée par M. Abdoulaye Youlaké Camara, Administrateur et Directeur de Publication de kibarou.com

 
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Télésud débat: DEVOIR DE MEMOIRE SUR SEKOU TOURE
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